J'ai mal à mon dématérialisé
Ca fait quelques jours que je lorgne du côté des promos d’Amazon sur les MP3. Des albums à 2,99 €, c’est intéressant, non ? Pourtant je n’arrive pas à franchir le cap. Je n’ai jamais payé pour de la musique dématérialisée. Comme beaucoup, j’aime avoir un support physique, quelque chose qui me donne l’impression de ne pas acheter du vent.
Je crois que je viens de me rendre compte que ça ne changera jamais. Qu’on me propose un album à 0,50 centime n’y ferait rien. Il a quelque temps, j’étais le premier à gueuler sur l’industrie du disque, qui a manqué le virage du numérique. Des verrous, des prix pas tellement avantageux… Je pouvais trouver plein de raisons (qui pour certaines restent valable : l’adaptation aurait dû être plus rapide, beaucoup plus rapide). Aujourd’hui, il n’y a – presque – plus de DRM, les tarifs chutent… Mais non, pas possible. Ouais, il me semble que je deviens vieux. Mais j’assume.
Et j’ai surtout une grosse peur : que le téléchargement au titre tue les albums. Que les artistes, alléchés par une rentabilité immédiate sur un tube, ne veuillent plus se casser à faire un disque entier. Ce ne serait pas si étonnant. Car ils sont nombreux à ne plus vraiment faire leur métier par passion, mais par appât du gain.
Numérique killed the video game ?

D’un autre côté, je suis moins strict sur les jeux vidéo, que j’achète parfois en ligne. Sauf que c’est un suicide, puisque ça va tuer le marché de l’occasion (voir l’excellent billet de BienBienBien).
Et avec Microsoft qui va proposer des jeux Xbox 360 en téléchargement, à des prix encore inconnus, les choses ne vont pas s’arranger. Il va falloir choisir à un moment de passer au tout numérique, ou de boycotter purement et simplement cette » évolution » du marché. Il faudra bien regarder la stratégie des éditeurs, qui consiste souvent à proposer du Ikea. Des jeux en kit, vendus par petits morceaux. Ou pire encore, comme avec le dernier Prince of Persia, dont la vértitable fin n’était disponible qu’en téléchargement payant.
Même chose pour le jeu de boxe Fight Night 4, où c’est carrément la possibilité de configurer ses touches qu’on pourra télécharger (on ne sait pas si ce sera payant). Un truc impensable il y a encore quelques années. Et je vous passe les nouveaux costumes, les personnages ou les niveaux, vendus au prix fort seulement quelques jours/heures après la sortie d’un titre.
La bonne nouvelle dans tout ça, c’est que les boutiques de jeux ne semblent (forcément) pas très excitées par le dématérialisé. Certaines semblent même prendre les devants et pourraient ne pas vendre la PSP Go, qui n’aura plus de lecteur de disque.
New rules
Contrairement à ce que l’on peut raconter, le numérique n’aide pas l’art à devenir plus accessible ou meilleur. Les vrais gens n’ont pas le pouvoir. Ce n’est pas parce que l’on fait quelques découvertes musicales avec Internet (quoique, ça se calme en ce moment les stars venues du web) ou que » trois mecs dans un garage » – on rigole, hein – arrivent à vendre leur jeu homemade par le Xbox live que tout va bien.
La majorité du marché est et sera toujours maîtrisée par les grandes compagnies. Il faut juste se demander s’il l’on veut jouer selon leurs nouvelles règles.

« Je n’ai jamais payé pour de la musique dématérialisée. Comme beaucoup, j’aime avoir un support physique, quelque chose qui me donne l’impression de ne pas acheter du vent. »
Pareil… Je peux juste pas. Et le développement d’offres légales gratos comme Spotify, qui déchire pas mal malgré la pub insupportable, n’arrange rien…
C’est sûr que le streaming n’aide pas à la vente de musique dématérialisée. En espérant que ces services (Deezer, Spotify…) deviennent un jour rentables avec la pub. Parce qu’on commence à être habitués, et qu’il est hors de question (pour moi) de payer.