No more Heroes : une série prometteuse tuée par les téléspectateurs

Heroes saison 3

Constat : la série Heroes est morte. Elle vivait déjà sous assistance respiratoire l’année dernière, mais depuis le début de la quatrième saison, on ne fait même plus semblant. Les machines sont débranchées. Les personnages naviguent à vue, sans scénario. Leur destin n’a plus d’intérêt depuis que toute trace de fil rouge a été supprimée.

Plus question de sauver le monde ou de se battre contre le gouvernement pour leur survie (on y reviendra). Rien. Tout juste un ex de Prison Break qui dirige une communauté dont – il faut bien le dire – on se fout un peu. C’est d’autant plus triste que le show avait des bases solides : ces X-Men à la télé, après le désastre Mutants X, ça avait quelque chose de très excitant.

La découverte de leurs pouvoirs était bien foutue, cette histoire d’explosion de New-York était intéressante… La saison 1 démarrait lentement, mais se terminait  à fond de cinquième. Puis la saison 2 est arrivée, très critiquée. Elle n’a duré qu’une douzaine d’épisodes, grève des scénaristes oblige. Pour autant je l’ai trouvée très sous-estimée, car elle utilisait enfin le voyage dans le temps dans l’intrigue et pas uniquement comme gadget. On sentait que ça allait quelque part. Mais rien n’a suivi. On ne saura jamais ce qu’il est arrivé à la copine de Peter, coincée dans un futur glauque (mais il doit s’en foutre vu qu’il n’a jamais essayé de la sauver). C’était bien la saison 2, hein ? Ou la 3 ? Oh, on s’en fout.

On se fait ch… la b…

Rapidement, les téléspectateurs américains se plaignent de ne plus comprendre la série (comme d’hab’ dès qu’on tente de leur raconter une histoire un peu fouillée). Les audiences baissent de façon drastique, alors la production fait le ménage chez les scénaristes et les créateurs. On en vire purement et simplement certains, on en remplace d’autres… Bref, le bordel total.

Alors on monte un scénario à la va-vite qui ressemble étrangement à celui des X-Men, avec des humains qui ont subitement une frousse totale des mutants. Nathan retourne sa veste plus vite que l’éclair et devient le méchant (mais en fait c’était pas vraiment le méchant parce que y’avait un plus méchant que lui, ouf).  L’histoire du père Petrelli est expédiée en deux secondes, alors qu’il y avait du potentiel. Ah ouais, je crois qu’il était question d’un virus à un moment, mais ce n’est plus très clair dans ma tête.

Faut dire qu’à force de rebooter la série, dans des tentatives désespérées de faire remonter l’audimat, on s’y perd un peu (ils ont sauvé le monde au fait ? Et comment ? Qu’est-ce qui devait le détruire ? Oh, on s’en fout). Les personnages n’arrêtent pas de perdre la mémoire et comme par magie cela devient l’intrigue principale.

Du coup on en suit certains essayant de vivre  « une vie normale », mais ça va un temps. Péniblement, on enchaîne les scènes où Parkman a un Sylar coincé dans le bulbe, où la cheerleader devient lesbienne, où Hiro est malade, où y’en a une qui voit des couleurs… Jusqu’à ce que l’intérêt s’évapore totalement. On continue par habitude.

Ce naufrage me fait penser à celui d’Alias. Une série qui en avait sous le capot et dont j’attendais la fin avec impatience. La déception fut énorme. Et si on en est arrivé là, c’est aussi parce qu’on a demandé aux scénaristes de rester simples, de ne pas embrouiller l’Américain moyen qui ne se rend pas compte une seule seconde qu’il possède certainement la meilleure télévision du monde (quand on sait choisir ce qu’on regarde).

J’ai les glandes.

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4 Responses to “No more Heroes : une série prometteuse tuée par les téléspectateurs”

  • DNDM dit :

    Bouarf, pas la peine de se mettre dans ces états pour une aussi mauvaise série. Perso, j’ai arrêté en milieu de saison 3. Trop de persos qui agissent en dépit du bon sens, une utilisation des voyages dans le temps totalement foireuse, des pouvoirs trop bourrins et pas assez utilisés… La série manquait clairement de finesse.
    Et en y réfléchissant, je me suis rendu compte que je l’avais regardé sur un malentendu. Heroes n’a pas baissé en qualité: elle n’a en fait jamais été vraiment bonne. A part le « Save the cheerleader, save the world » survendu, et le perso de Hiro Nakamura, plutôt sympathique, la série n’est qu’un vaste foutoir.
    Tant pis. y’a pleins d’autres trucs sympas à ragarder, en ce moment.

  • Francois dit :

    C’est juste un coup de gueule à chaud, je viens de voir le dernier ! Mais je suis pas vraiment d’accord avec toi. La deux premières saisons étaient certes lentes, pourtant je sentais que ça pouvait être une bonne histoire. Après c’est sûr, y’a plein d’autres choses à regarder – et j’en regarde beaucoup – mais c’est toujours dommage de voir une série se planter à cause de ses téléspectateurs.

  • DNDM dit :

    Je comprend pas vraiment le « a cause de ses téléspectateurs ». Les téléspectateurs ont suivi pendant longtemps, malgré la errements de la série. C’est au niveau des producteurs et des scénaristes que le contrat n’a pas été honoré. C’est eux qui ont fait une série incompréhensible. D’autres séries autrement plus compliquées ont parfaitement su trouver leur public.
    Bon, après je comptend ta déception: si lost avait été annulé en plein milieu de l’histoire faute d’audience, j’aurais hurlé contre les américains. Mais Heroes n’est pas dans le même cas: c’est une franchise qui a fait son temps, et dont les producteurs essaient maintenant de tirer un max d’argent, sans tenir compte du spectateur.

  • Francois dit :

    Oui, ce sont bien les scénaristes qui ont tué la série, mais ils ont fait ce qu’ils pouvaient ! Le nombre de téléspectateurs a vraiment chuté à un moment, les gens étaient perdus, la production a estimé qu’il fallait agir. Reboot. Et re-reboot pour être sûr.
    Lost est un cas à part, un exemple d’intégrité. Ca n’arrive presque plus à la télé américaine, surtout avec les audiences moyennes de la série. Reste que je trouve qu’Heroes aurait pu raconter une véritable histoire, un truc épique qui serait resté dans les mémoires. Tant pis, on passe à autre chose. Pourtant je garde une certaine amertume. Mais je me soigne, ça va me passer !

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