The dark side of the moon par Zowie Bowie
Un film qui se passe sur la Lune, ça a déjà un côté rétro en soi, très 60’s-70’s. L’obsession pour notre satellite nous est passée il y a un moment, mais cet astre garde intact son pouvoir d’attraction.
C’est pourquoi les agences spatiales veulent y retourner, et c’est certainement la raison pour laquelle l’anglais Duncan Jones (le fils de David Bowie) a décidé d’y situer l’action de son film, Moon. Vous me direz qu’avec un nom pareil il aurait eu du mal à nous faire une histoire sur Mars, et vous n’auriez pas tort.

En gros (parce qu’il ne faut pas trop en dire), Sam Bell (Sam Rockwell) vit depuis près de trois ans dans une station lunaire, où il gère l’extraction de l’hélium 3, qui fournit 70 % de l’énergie de la Terre. Son seul « ami » est un robot (dont la voix est celle de Kevin Spacey) qui lui facilite le quotidien. Vivant difficilement son isolement, il se raccroche à son retour, prévu pour dans quelques semaines. Mais Sam se met à voir et à entendre des choses étranges…
L’amour d’une SF vintage
Moon est un film simple au sens visuel du terme. Un seul acteur, peu d’effets spéciaux, des maquettes pour représenter la Lune… Rien de clinquant, mais ce retour aux sources est assez reposant pour la rétine. On se concentre d’autant plus sur l’ambiance pesante durant la première moitié, qui retombe un peu ensuite pour mieux vous secouer vers la fin.
Impossible de ne pas penser à 2001 : L’Odyssée de l’espace tant les deux scénarii sont proches, du moins au début. Mais le réalisateur s’émancipe, rend hommage sans pomper, s’inspire sans parodier.
Là où Jones est malin, c’est qu’il parvient à parler de thèmes très actuels (la rentabilité au travail, la solitude) dans un emballage SF vintage des plus réussis. Ne comptez pas sur un cliffhanger de malaaaaade à la fin, le fils de Bowie a choisi de révéler assez rapidement son principal atout scénaristique, pour mieux se focaliser sur son personnage et les conséquences de cette révélation.
Bref, ça transpire l’amour de la science-fiction à l’ancienne par tous les pores et c’est une réussite indéniable. La mauvaise nouvelle ? Il ne sort qu’en avril 2010 en France, a priori. Le distributeur ne saurait pas trop quoi faire du film, et songerait même à le proposer en direct to dvd. Ce qui ne serait pas une première. On a l’habitude chez nous, hein.
Mais c’est d’autant plus étonnant qu’il se récolte un 8/10 sur IMDB, et a été primé dans plusieurs festivals. En plus, Télérama a trouvé ça moyen. Un gage de qualité, non ?
